Appel du Front d’Action Révolutionnaire

Il n’y a pas d’autre manière de le dire : nos ennemis nous poussent vers la guerre et le fascisme. Nous envisageons déjà nos vies sous la dictature et imaginons les bombes tomber sur nos villes. La guerre arrive, et elle est pourtant déjà-là. Des enfants de 17 ans sont enrôlé•es, des militaires défilent armés dans nos rues, la police peut entrer chez nous n’importe quand pour arrêter des personnes car elles n’ont pas de papiers. Inutile d’énumérer ici la longue liste de mesures réactionnaires dont tout le monde a connaissance. C’est là, ça s’intensifie, et cela nous ne laisse pas de choix.

Nous ne parlons pas de la guerre ou du fascisme car nous trouvons cela « pertinent ». Ou parce que nous devons nous « positionner » dans un débat de la gauche belge. Ce n’est pas un choix subjectif parmi d’autres.

Ce sont nos soeurs, nos frères, nos parents, nos ami•es, nos quartiers, nos écoles, nos hôpitaux, nos communautés qui finiront derrière la ligne de front. Et ce sont nos camarades en Palestine, au Liban, en Iran, au Soudan, au Congo qui sont maintenant sous les frappes de drones, les tirs d’obus, et dont la société est brisée par la guerre. C’est contre la résistance de ces peuples, que notre bourgeoisie souhaite faire la guerre ; pour faire tourner l’industrie de l’armement, pour BlackRock, Palantir et FN-Herstal. Ils veulent recruter les jeunes personnes comme nous, pour faire la guerre contre des personnes comme nous, et avec qui nous partageons un seul et même ennemi; la classe capitaliste.

Cela rend notre résistance nécessaire et nous l’assumons. Il ne s’agit pas seulement de survie. Nous ne voulons pas survivre à une nouvelle guerre pour que les générations futures subissent ces mêmes destructions, produites par les mêmes gens et les mêmes structures. Survivre n’est pas notre objectif, nous sommes une organisation révolutionnaire.

Notre lutte est pour une vie libre et digne, et nous reconnaissons que, tant que le capitalisme existera, le fascisme et la guerre seront inévitables. Et que, tant que le capitalisme, le fascisme et la guerre seront inévitables, la révolution le sera aussi.

Comme l’a écrit le révolutionnaire brésilien Carlos Marighella, « En toute hypothèse et en toutes circonstances, le devoir des révolutionnaires est de faire la révolution.« 

À l’heure où nous n’avons jamais semblé aussi faibles et désorganisé•es, où les relais traditionnels des luttes ouvrières sont ébranlés, où la bourgeoisie s’est appropriée le féminisme et l’écologie à des fins de rentabilité et de marketing, où nos élus locaux montent des campagnes électorales « antifascistes », tout en réprimant violemment nos rassemblements et nos quartiers, la lutte révolutionnaire n’a jamais été aussi nécessaire. Cette lutte n’est pas seulement un moyen de résister, mais aussi de donner un sens et une stabilité à ce chaos, de développer une culture et une attitude adaptées aux circonstances historiques.

C’est pourquoi, cette année comme les précédentes, nous appelons à la manifestation annuelle du 1er mai qui réunit, historiquement, les forces progressistes du monde entier pour affirmer la volonté révolutionnaire des peuples.

Soyons à la hauteur de notre conviction. Assumons nos luttes : anti‑impérialiste, antifasciste, antiraciste, antimilitariste, féministe, écologique, pour la libre circulation de toutes et de tous et que ces luttes ne soient plus jamais récupérées par ceux qui les détournent à leur profit.

Plus jamais on baisse les yeux.

Toustes au premier mai révolutionnaire.